La vraie facture de l’UMP

L’affaire des comptes de campagne, nous répète-t-on à l’envi, serait une affaire « interne » à l’UMP. C’est une manière particulièrement hypocrite de dédouaner ce parti car ce sont les citoyens français qui paient presque chaque affaire. Nous nous proposons ici de faire un calcul sommaire pour avoir une idée de ce qu’aura coûté au pays le parti qui n’a que le mot « austérité » à la bouche – quand il s’agit des autres – et qui a tenu les finances de la France de 2002 à 2012.

Revenons au montant des comptes de campagne autorisés par la loi pour un parti qui se présente à l’élection présidentielle en France : 22,5 millions d’euros. Tous les partis politiques ont joué le jeu, sauf l’UMP. Le Conseil constitutionnel – qui ne fait que valider la décision de la Commission nationale de contrôle des comptes de campagne – a d’abord reconnu une facture de 23 millions, excédentaire d’un demi-million d’euros. Les sarkozystes avaient alors poussé les hauts cris. En fait, ce chiffre a été relevé à 33 millions depuis l’affaire Bygmalion, voire – selon les documents révélés par le journal indépendant Mediapart – à 39 millions. Comment l’UMP de Nicolas Sarkozy a-t-elle financé, dans un premier temps, le dépassement de ses comptes de campagne ? Réponse partiale des journalistes : par le recours aux dons des seuls militants (le « Sarkothon »), qui représentent 11 millions d’euros. Réponse réelle : par les dons déductibles d’impôts à raison de 66 %, ce qui représente un manque à gagner d’autant pour l’administration fiscale.

Depuis l’affaire Bygmalion, de nouveaux éléments ont été portés à la connaissance du public. On a ainsi découvert que le groupe parlementaire de l’UMP, sous l’égide de Christian Jacob, avait accordé 3 millions d’euros à son parti à titre exceptionnel : ces millions proviennent des subventions accordées par l’Etat aux groupes parlementaires. On peut donc considérer que le contribuable a payé la facture une deuxième fois. Ajoutons à ces 3 millions les 7 millions que le groupe UMP de l’Assemblée nationale (toujours selon Mediapart) a accordé en prestations de service au bénéfice de Bygmalion, et le montant provisoire avoisine déjà les 15 millions d’euros. Cependant, la principale question posée par l’affaire Bygmalion est : où sont passés les autres 15 millions d’euros[i] qui séparent la facturation UMP « officielle » et la facturation Bygmalion, tout aussi « officielle » puisque la police a retrouvé les documents qui font foi ?

Si l’on ajoute à ces éléments que c’est encore le citoyen qui a payé le passage de Nicolas Sarkozy à la télévision publique, sur France 2, afin de répondre aux accusations portées contre lui dans de multiples affaires, on peut dire que l’UMP est devenu – pour reprendre le jargon cher à la droite – un véritable parti d’assistés qui vit depuis des années aux crochets de la société. Nul doute qu’une politique de rigueur digne de ce nom, pour réduire les frais de fonctionnement de l’Etat en France, commencerait par mettre en œuvre la dissolution de l’UMP.

Gauvain

[i] A l’heure où nous écrivons ces lignes, on apprend que l’UMP a payé les billets d’avion de Mme Copé à hauteur de 24 millions d’euros, son époux s’étant trouvé à court avec les seuls 27 millions d’euros qu’on daignait lui octroyer à cet effet.

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